Calmer la bête. Celle qui rugis, celle qui griffe, celle qui lacère ma cage thoracique, celle qui hurle à la mort. Elle ne demande qu'à sortir, pour détruire, pour dévorer tout ce qui se trouve sur son passage. De la violence, partout. Dans mes bras, mes jambes, mon cœur, mes veines, mon cerveau. Elle est à deux doigts de s’échapper, mais je lutte encore contre elle, je ne veux pas perdre le contrôle. Elle se sent trahis. Pourquoi moi je ne la laisse pas sortir ? Pourquoi je la retiens comme ça ? Pourquoi je la force à subir ça ? Elle m'en veut tellement, elle me déteste, elle me hais. Je la déteste, je la hais. « Je croyais mourir de toute cette haine dans les veines » disait V. Elle me brûle, me tord, me détruis à petit feu. Elle est prête à sortir, velue, griffue, les crocs acérés dans une gueule suintant la rage et la colère. Un dernier effort de sa part, elle sent que les barreaux de sa cage sont prêt à céder, elle insiste encore une fois, de toute ses forces. Elle rugis. Mais je tiens bon. Parce que ce n'est pas la bête qui doit dicter ma conduite. Ce n'est pas à elle de me contrôler, c'est à moi de faire d'elle ce que je veux, de l'utiliser pour déplacer et non détruire une montagne, pour décrocher et non dévorer la Lune. Elle est à moi et je ne suis pas à elle. Alors, c'est qui le maître à bord ?

 

Le Chat de Mars