Atelier d'écriture #3 - 16/12/2016

Thème : « Je n'aimerais pas être à votre place »

 

Si la nuit n’était pas si sombre, si elle n’était pas si mystérieuse, est-ce qu'on accepterait tout ce qu'il s'y passe ?

Si les Monstres sortaient plutôt le jour, est-ce qu'on les craindrait comme on les craint aujourd'hui ? Car si on dit que « la nuit, tous les chats sont gris », c'est bien parce qu'on ne peut pas voir d'autres couleurs. J'aime tellement la nuit. Son calme, ou pas. Car s'il y a bien une chose que j'ai appris en habitant dans une grande ville, c'est qu'elle ne dort jamais. Lyon ne dort jamais, alors pourquoi devrais-je dormir ? Pourquoi devrais-je me cacher d'elle lorsqu'il fait sombre ? Pourquoi devrais-je voir peur des monstres ? Les monstres ne sont-ils pas comme vous et moi ? Ne dit-on pas que tous les monstres sont humain ?

Vous êtes des monstres. Je suis un monstre. Nous sommes tous des monstres. Alors cessez de vous cacher, vous finirez par sortir à la nuit tombée. C'est comme ça, c'est plus fort que vous. C'est plus fort que moi. Cessez de vous voiler la face. Moi au moins je sais, j'assume être un monstre. Je n'aimerais pas être à votre place, baigner le mensonge comme vous le faites. Acceptez ce passager noir qui est en vous, celui qui sort lorsque vous êtes en colère ou triste, celui qui vous fait trembler de rage ou sangloter de chagrin, celui qui vous dicte vos actions inavouables, celui que personne ne doit jamais rencontrer. Il est là, il sera toujours là. Acceptez-le, apprenez à vivre avec lui plutôt que de le cacher lorsque le soleil se lève. La paix ne se trouve pas en dissimulant ses démons, ça n'a jamais été le cas. Le monde se porterait mieux si chacun apprenait à vivre avec son monstre plutôt que d'essayer de le taire. Regardez autour de vous, vous verrez que vous n’êtes pas les seuls à tenter tant bien que mal de cacher vos monstres, à tenter de nier leur existence. Pourtant ils sont là, ils attendent sagement ils guettent, ils savent que tôt ou tard, le monde sera à eux. Et quand ce sera le cas, il n'y aura plus personne pour dire au soleil de se lever.